Brownsberg … Un nom qui invite au dépaysement … Situé au cœur du Suriname, ce parc est un lieu incontournable pour les amoureux de la nature. Il est possible de s’y rendre assez facilement au départ de Paramaribo. L’idéal est d’y passer au moins une nuit, mais certains s’y rendent à la journée. Pour ma part j’y ai passé deux nuits en 2011 et trois nuits en 2014. A ces deux reprises, j’ai apprécié d’y séjourner plusieurs jours, d’avoir le temps de parcourir plusieurs sentiers de randonnées et d’observer la faune et la flore, mais également de passer de très bons moments à jouer au Sjoelback (billard néerlandais).

Histoire du parc de Brownsberg

arbre parc brownsberg

Alcoa est une multinationale américaine. Sa filiale Suralco L.L.C. s’est installée au Suriname au début des années 1900, dans le but d’exploiter la bauxite afin de produire de l’aluminium. Pour fournir de l’énergie à l’exploitation minière, le barrage de Brokopondo a été créé, et achevé en 1965.
A cette occasion, environ 5000 personnes ont été déplacées, et installées dans le nouveau village de Brownsweg, nommé ainsi en référence à un orpailleur américain du XIXème siècle, James Browns, qui fût l’un des premiers à chercher de l’or dans la région.

En 1970, une concession de 8400 hectares est accordée à la fondation Stinasu, qui est une structure publique dépendante du Ministère de l’aménagement territorial et de la gestion des forêts (RGB) et qui assure la gestion de certaines réserves naturelles.

L’objectif initial était d’installer un centre d’accueil et de découverte de la forêt tropicale.

En 1975, le Suriname devient indépendant de la Hollande, mais une guerre civile est menée entre 1986 et 1992, opposant Desi Bouterse et son régime militaire à une rébellion des Marrons soutenue par des opposants politiques à la dictature (lire à ce sujet l’article une saison en guyane). Pendant cette période, le projet pédagogique lié au parc de Brownsberg est abandonné, tout comme le site.

En 2001, le Ministère des ressources naturelles fait une proposition au Stinasu : 4800 hectares sont ajoutés au parc si 1000 hectares situés dans le nord du parc sont transférés au lobby minier et forestier. L’offre est acceptée, le parc compte donc depuis 12 200 hectares.

Des installations ont été réalisées pour l’accueil des visiteurs au sommet du mont, sur le plateau culminant à 500m d’altitude : un restaurant, des carbets, des lodges, des sentiers balisés et aménagés, etc.

Malheureusement, les frontières du parc sont mises à mal par les différentes industries minières et forestières. Plus grave encore, des autorisations d’exploitation d’or avaient été distribuées par des hauts fonctionnaires, dont l’ancien directeur du parc, à des orpailleurs clandestins. Au début des années 2010, il y avait ainsi entre 1500 et 2000 orpailleurs au sein du parc. Des touristes ont médiatisé le phénomène en ramenant des photos de criques polluées, de forêt en feu, etc. Le gouvernement du Suriname a créé en 2011 une commission spécifique à la question de l’orpaillage illégal et de ses conséquences sur l’environnement. Suite à ce scandale, le WWF Guianas a suspendu en 2012 la mise à disposition de fonds.

S’y rendre

Lors de mes deux séjours, j’ai commencé par la même étape : me rendre dans les locaux du Stinasu. Situés sur le front de mer de Paramaribo, les bureaux ne sont pas très grands. A chaque fois, j’ai trouvé l’accueil vraiment sympathique, et j’ai eu avec le sourire toutes les réponses à mes questions.

D’après Philippe Boré (cf. encadré), il est possible de réserver par mail avant son arrivée à Paramaribo, sachant que quoi qu’il arrive, la réservation est effective lorsque le paiement a été fait. Selon les périodes (vacances ou non), il peut être utile de réserver avant son arrivée, d’autant plus si vous avez un planning serré.

L’ensemble du séjour est à réserver et payer dans les locaux du Stinasu. Il faudra donc décidé à ce moment là du type d’hébergement souhaité.

Concernant le trajet, nous avions en 2011 prit un bus pour aller de la guesthouse jusqu’au village, et de là un pick-up du parc nous avait récupéré et monté jusqu’au campement. En 2014, et comme nous étions quatre, la Stinasu nous a proposé une autre solution : un pick-up nous a récupéré directement à la guesthouse et nous amené jusqu’au campement. Je crois que nous avons mis environ 4h pour faire le trajet. Le chauffeur était extrêmement sympa, de la bonne musique reggae nous a accompagné durant le voyage, et nous nous sommes arrêtés à deux reprises pour faire quelques achats.

Bon à savoir : il est toujours possible de s’y rendre par d’autres moyens, bus publics et auto-stop. Nous avons partagé notre carbet en 2014 avec deux Australiens qui étaient arrivés là en stop. 

Et oui, car un point important de l’organisation à prévoir concerne la nourriture et l’eau. Il n’y a pas d’épicerie sur le campement, il faudra donc emmener avec vous de quoi manger et boire durant votre séjour.

Toutefois, si vous avez la flemme de faire à manger, il ne faut surtout pas hésiter à aller réserver un repas au restaurant tenu par Rocky, car :

  • vous y mangerez très bien et pour pas très cher (en 2014, repas à 25 SRD);
  • vous pourrez y déguster des parbo fraiches (15SRD la grande parbo) ;
  • et surtout vous pourrez faire des jeux ! Et notamment découvrir le Sjoelback, qui est vraiment sympa.
Witti Creek
J’ai eu la chance de rencontrer Philippe Boré lors de mon séjour au Suriname en 2014, il était alors en pleine rédaction de la nouvelle version de son guide « Balades au Suriname ». J’ai en ma possession sa première version, et ce guide m’a été très utile lors de mes deux séjours. Je vous recommande vivement de vous procurer la dernière version. Si vous êtes en Guyane, vous devriez le trouver assez facilement, et sinon vous pouvez le commander directement sur le site Randoguyane.com.
repas parc brownsberg
vue sur lac

A suivre dans la deuxième partie : les logements, les sentiers de randonnées, et le résumé !