Se rendre au pied de la cascade de Salto Angel, c’est plonger dans l’univers d’Arthur Conan Doyle, c’est se perdre dans la forêt amazonienne, c’est découvrir avec émerveillement la plus haute cascade du monde.

Ciudad Bolivar

Nous étions arrivés à Ciudad Bolivar depuis un jour ou deux, logés au sein de la magnifique Posada Don Carlos, et nous avons décidé de faire le maximum d’excursions dans le secteur. Nous avons réservé directement avec la posada deux séjours : le premier pour se rendre à Canaima, afin de voir d’une part les sept cascades (article à venir) et Salto Angel, et une seconde sur le delta de l’Orinoque (article à venir). Ces deux séjours ont été absolument magiques !

Pour la découverte de Salto Angel, nous sommes partis directement de l’aéroport de Ciudad Bolivar, dans un petit coucou six places.

Canaima

Vue sur le tableau de bord

Le vol jusqu’à Canaima, d’une durée d’environ une heure, vaut à lui seul le détour. La découverte des tépuys du ciel restera gravé dans votre mémoire, je peux vous l’assurer. Ces montagnes typiques du bouclier guyanais sont simplement extraordinaires, d’ailleurs plusieurs d’entre elles sont classées au patrimoine mondial de l’humanité. Les tépuys sont célèbres grâce au roman d’Arthur Conan Doyle (The Lost World), et plus récemment grâce au dessin animé de Disney, Là-Haut.

découverte des tépuis

Salto Angel

Le jour J est enfin arrivé ! Le petit déjeuner est servi tôt, vers 7h30. Puis vers 8h, nous nous dirigeons avec notre groupe (composé d’une douzaine de personnes) vers une camionnette, qui nous emmène jusqu’au bord de l’eau où nous attend une pirogue. Notre guide s’appelle Antonío. Peu de temps après, nous devons descendre et faire un bout de chemin à pied car la pirogue doit passer un saut. Le chauffeur de pirogue continue donc, tandis que nous marchons environ 40 minutes, sur un terrain plat et ensoleillé. Je reste dubitative sur la justification de cette marche, car nous découvrons rapidement que notre chemin nous conduit à un magasin de souvenirs locaux. Toutefois, ce magasin proposait de bijoux en graines et plumes vraiment sympathiques. Nos sacs étant restés dans la pirogue, nous nous sommes contentés de les admirer. Je n’ai pas comparé les prix de ces bijoux avec ceux trouvé à Canaima.

Nous avons donc retrouvé ensuite la pirogue, et nous revoilà parti pour environ 4h. Le trajet a été agréable, mais attention, fesses sensibles s’abstenir ! Et puis, au détour d’un méandre, là voilà, la plus haute cascade du monde. L’émerveillement est total.

Après avoir pris notre succinct casse-croûte sur la rive, nous entamons ensuite la marche qui nous conduit au pied de la cascade. La première partie est assez facile, mais ça se corse un peu ensuite. Une personne assez âgée qui était avec nous a trébuché et n’a pu continuer.

Attention aussi à la saison : en saison humide, la cascade sera plus belle mais le chemin plus difficile !

Et puis, enfin, nous y sommes. Je pense que la marche a durée une bonne heure, en prenant notre temps, et en admirant la cascade dès qu’un point de vue se présentait à nous. Nous avons pu nous baigner. Le guide nous a expliqué qu’en faisant une marche d’une heure supplémentaire, un chemin permettait d’accéder à l’arrière de la cascade. Mais nous n’avions pas le temps de le faire, la journée étant déjà bien avancée. Nous devions retourner au campement et nous installer pour la nuit.

salto angel

La soirée sur le campement était vraiment super. En fonction des organisateurs, plusieurs campements existent, nous avons pu en voir plusieurs. Certains sont assez luxueux, d’autres plutôt primaires. Le notre était agréable : une zone cuisine avec les feux, un grand carbet pour dormir, et un autre avec une longue tablée et des bancs pour les repas. Nous avons mangé du poulet cuit au BBQ, puis, à la nuit tombée, les quelques rescapés de la fatigue se sont regroupés autour du feu, et Antonío nous a alors raconté plein d’histoires et de légendes sur les tépuys (surtout sur El Diablo, le tépuy d’où coule Salto Angel),  les chamans, etc. Beaucoup de belles histoires, racontées en espagnol. J’ai ainsi pu assouvir ma soif de connaissance sur le terme « cacique ». On le voit partout au Vénézuela : il y a du rhum « El cacique », il y a des restaurants « Pollo El Cacique », etc. Et en fait, ce terme désigne un équivalent de « chef » ou « leader ». Tout simplement !

Seul moment difficile de ce séjour : la nuit !

campement salto ángel

J’adore dormir en hamac (assez pour installer un hamac dans ma chambre en plus d’un lit, et d’y dormir régulièrement). Mais là, brrr, c’était horrible. Tout nous était fourni : hamac et couverture. Malheureusement, le froid de la nuit, et l’humidité due à la rivière très proche, ont eu raison de moi. Et même habillée de toutes les couches de vêtement que j’avais, même enchevêtrés à deux dans un hamac avec deux couvertures, nous avons eu vraiment froid, et du coup quasiment pas dormi. Ce n’est qu’au matin que je me suis souvenue avoir dans mon sac une couverture de survie. Pour une fois qu’elle aurait eu son utilité, je l’ai oublié !

Le réveil s’est fait très tôt, vers 6h. Dernier regard sur Salto Angel avant de reprendre la pirogue. Nous sommes revenus à Canaima vers 11h. Après un temps libre dans le village et un dernier repas, nous avons repris un vol vers Ciudad Bolivar.

En résumé

Le prix : 11500 BsF par personne pour les trois jours/deux nuits (vol AR Ciudad Bolivar-Canaima, hébergement, pirogue, guide, nourriture). A l’époque ça faisait un tout petit moins de 150 euros par personne.

Difficulté : je dirais moyenne, faire juste attention à la saison A prévoir : pas grand chose, tout est fourni, mais prendre des vêtements chauds pour la nuit.

Est-ce que je recommande ? Définitivement oui ! Je n’ai pas eu le temps de me renseigner sur les possibilités de s’y rendre sans prendre un forfait à Ciudad Bolivar, mais vu l’organisation sur place, ça a l’air d’être délicat. Point négatif : je ne sais pas, sur le montant versé, la part qui revient réellement aux habitants de Canaima, qui assurent la totalité de la prestation …

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