« Tout ce que vous avez à faire, c’est décider de partir. Et le plus dur est fait. »

Tout est dit dans cette phrase de Tony Wheeler. Mais avouons le, décider de partir, ce n’est quand même pas si simple. D’ailleurs autour de moi c’est l’ébullition : « j’ai envie de partir », « j’ai peur de partir », « je voudrais partir mais … ». Toutes ces questions, je me les suis moi-même posée de nombreuses fois.

Partir, rester ? Partir un peu, partir longtemps ? Partir en vacances ou partir travailler ailleurs ? Choisir une destination ou faire un tour du monde ?

Chacun se posera un jour ces questions, et chacun aura sa propre réponse. Une bonne nouvelle tout de suite, histoire de détendre l’atmosphère : quoique vous choisissiez, il n’y a pas de mauvaise réponse, on est gagnant à tous les coups ! Pourquoi ? Tout simplement car juste se poser les bonnes questions et s’écouter, c’est déjà parfait.

Je ne vais pas pouvoir répondre à votre place en tout cas, c’est sûr. D’ailleurs c’est la première information à retenir : personne ne peut décider à votre place. Ni vos parents, ni vos amis, ni vos collègues, ni votre amoureux(se). Parce que si vous faites ce choix en fonction de ce que la société attend de vous, alors il y a de très fortes chances que vous le regrettiez plus tard. Attention je ne dis pas qu’il faut tout plaquer du jour au lendemain, mais écoutez-vous.

Pour parler au mieux de vos peurs, j’ai mené mon enquête ici. Et voici le classement de ce qui vous empêche de partir :

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Solitude

Peur de la solitude

Je ne m’attendais pas à ce que cette crainte ressorte en n°1 du sondage, et pourtant vous êtes 40% à la mentionner ! C’est vrai que partir ça veut dire se retrouver sans les gens qu’on connaît quelque part, ailleurs, loin. Mais autant vous rassurer tout de suite, vous ne serez jamais seul ! L’humain est social, c’est comme ça. Et à moins de vous exiler dans un temple, vous n’arriverez que difficilement à être seul !

N’hésitez pas à aller en auberge de jeunesse et dormir en dortoir pour commencer, cela vous forcera à créer du contact ! Sortez de votre zone de confort. Sinon n’hésitez pas à partir avec un ou des amis ! Et pour ceux qui n’ont pas d’amis motivés/disponibles/sympas, il est toujours possible de trouver un compagnon de voyage. Camille, du blog l’Oiseau Rose, vous donne d’ailleurs plein de conseils sur comment trouver le compagnon idéal –> c’est juste Là

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Insécurité

Peur de l’insécurité

Le contexte actuel ne nous encline pas à la sérénité. Je comprends que cette crainte ressorte en deuxième position. Toutefois, il faut savoir relativiser, des problèmes, vous pouvez en avoir partout. Inutile de s’inquiéter plus que nécessaire. Par contre ce qui me semble important c’est de préparer son voyage au regard du climat social et politique. Un petit tour sur le site du ministère des affaires étrangères permettra de vous faire une première idée.

N’hésitez pas non plus à contacter des voyageurs qui se sont rendus dans ces pays, via leur blog ou leur page Facebook, pour avoir un vrai retour d’expérience. Rien ne vaut le vécu ! Vous pouvez également contacter l’ambassade de France du pays où vous pensez aller. Il n’y a peut-être qu’une zone du pays qu’il faut éviter. Il suffit de faire preuve de bon sens !

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Barrière de la langue

Peur de la barrière de la langue

C’est vrai qu’en France on a la réputation de ne pas être très fortiche en langue étrangère. N’en déplaise aux professeurs d’anglais de nos collèges, nous y arriverons, ayez la foi ! Mes astuces pour m’améliorer (et ça peut marcher avec n’importe quelle langue, pas que l’anglais bien sûr) :

  • regarder des films & séries en VO (avec sous-titres en français si vraiment ça passe pas)
  • lire (site internet, livre, bande dessinée, etc.)
  • suivre une méthode d’apprentissage rapide, comme Assimil ou en utilisant une application ludique comme Duolingo
  • prendre des cours avant de partir ou sur place (prof particulier, classe du soir, etc.)

Une idée originale : rejoindre la communauté Polyglotte Club, qui organise notamment des rencontres où le but du jeu est de parler une autre langue que sa langue natale. La soirée se passe dans un bar, l’entrée est gratuite (contre l’engagement de consommer une boisson). J’aime beaucoup le concept !

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Administratif

Peur de l’administratif

Ex-aequo avec la barrière de la langue, les problèmes administratifs préoccupent 1/4 d’entre vous. C’est vrai que la lourdeur des démarches peut parfois effrayer en fonction des destinations. Visa or not visa ? Assurance, oui mais laquelle ? Un oubli peut parfois conduire à de vrais soucis (du genre interdiction de rentrer dans le pays ou grosse dépense pour un souci de santé). 

Il faut se faire une liste la plus exhaustive possible et prendre les choses dans l’ordre. Les prochains articles de la zone « Paperasse » aborderont toutes ces démarches, je vous proposerais très vite une To do list pour vous aider dans les démarches avant le grand départ. 

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Dangers (sanitaires, bestioles &cie)

Peur du danger

Pour certains, la plus grosse peur peut concerner les différents dangers qui rôdent. Maladie, bestioles, hygiène. Alors, comment partir serein ?

  • Concernant les maladies, une visite chez le médecin pour faire le point permettra à coup sûr de vous rassurer. Vous pourrez faire les vaccins obligatoires, éventuellement les vaccins conseillés, et préparer une petite trousse à pharmacie adaptée à votre destination.
  • Pour l’hygiène là par contre, pas de solution miracle. Vous vous y ferez, pas de soucis ! C’est une question d’habitude. Des petits réflexes salvateurs comme ne pas avaler l’eau du robinet quand on se lave les dents. Avoir un petit désinfectant dans votre sac pour vous nettoyer les mains. Avoir un pisse debout pour éviter de s’asseoir. Etc. A ce sujet, vous pouvez aller voir mes astuces.
  • Si vous avez super peur des bestioles : on prend une grande respiration et on se détend ! C’est pas la petite bête qui va manger la grosse ! Si vous avez peur, dites vous qu’elle a encore plus peur que vous*. Pour ma part, j’avais dit « tout sauf les sangsues« , ça me dégoutait. Et puis quand je me suis fait piquer par plusieurs sangsues en Thaïlande, je m’en suis remise en fait. Ou encore quand j’ai eu le chikungunya en Polynésie, j’ai fait comme tout le monde, j’ai attendu que ça passe. 

* En cas de peur panique des araignées, n’hésitez pas rendre visite à Christine Rollard, aranéologue au MNHN, qui saura changer votre regard sur ces petites bêtes à huit pattes.

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Budget

Peur du budget

Vous êtes 15% à craindre pour votre porte-monnaie. Un voyage, quelqu’il soit, se prépare, et le calcul du budget est une étape indispensable et très importante. Selon la durée de votre voyage, votre destination, et vos envies durant votre séjour, votre budget peut être foncièrement différent. Il faut donc l’anticiper, histoire de ne pas se retrouver en galère pendant le voyage ou au retour. Le meilleur pour donner des conseils à ce sujet, c’est Ryan, du blog Le Sac sur le Dos. Lisez notamment son article « Comment voyager moins cher partout dans le monde« .

D’autres peurs ?

D’autres peurs ont été citées dans le sondage. 15% d’entre vous ont peur de l’inconnu, et l’inconnu fait peur, c’est normal. L’inverse serait plutôt inquiétant ! Mais il ne faut pas que cette peur vous empêche de faire un premier pas vers d’autres cultures. Laissez vous gagner par votre curiosité et vous vous rendrez compte très rapidement que l’inconnu, c’est aussi la promesse de découvertes et d’un enrichissement personnel incroyable.

Le sondage m’a permis d’identifier que vous étiez aussi 15% à avoir peur de l’avion ! Je n’y avais même pas pensé, j’avoue … Comment surmonter cette peur ? Première hypothèse : utiliser un autre moyen de transport, il y a l’embarras du choix entre le bateau, la voiture, le train, le vélo, la marche à pied, le cheval, … Mais évidemment, pour partir à l’autre bout du monde pour trois semaines, l’avion reste le plus simple, en attendant la téléportation je veux dire. Alors le mieux est de vous détendre, préparez des trucs relaxants à faire comme lire un bon bouquin, regarder un film, faire un tricot, enfin une activité qui vous fera penser à autre chose en tout cas.

Et n’oubliez pas de faire une compensation carbone quand vous prenez l’avion. Plantez un arbre. Ou si vous ne pouvez pas, rendez-vous sur une plateforme de compensation. J’en reparlerais prochainement ! 

Mes angoisses personnelles

Vous n’êtes que 10% à le citer comme angoisse, mais pour moi, ma plus grosse peur, c’est d’être loin de mes proches. Quitter ma famille. Mes amis. Et s’il leur arrivait quelque chose durant mon absence ? C’est surtout ça qui me fait peur. Mais la vie m’a appris que le fait d’être près ou loin ne change malheureusement rien. Si un malheur doit arriver, ta présence ne changera rien. Alors autant profiter au maximum de chaque jour. Pour compenser, je trouve des astuces pour garder le contact facilement. Site internet, réseaux sociaux, téléphone, carte postale. C’est très facile de contacter n’importe qui de n’importe quel endroit du monde. Pour quelques centimes on occupe une demi-heure un ordinateur dans un cybercafé. On passe un coup de téléphone. On envoie une carte postale.

Quant à être seule, c’est une question qui se pose forcément. Lors de mon dernier voyage en solo en Australie, je ne me suis JAMAIS retrouvée seule et la photo tout en haut de l’article est là pour l’illustrer. J’ai fait des rencontres formidables, et même si elles ont été éphémères pour certaines, elles revêtent une très haute importance. 

Vous êtes aussi 15% à avoir peur du retour, et je partage complètement cette angoisse. Pour contrebalancer le choc du retour, je reste en contact avec mes amis voyageurs, je trie mes photos, je tiens ce blog, je pars en week-end et je participe de temps en temps à des soirées organisées par l’association Les Passeurs d’Aventures, qui organisent des #ApéroVoyageurs très sympas.

Et bien sûr, je planifie mon prochain roadtrip !